Lors de la 10ᵉ édition de leur événement régional à Lyon, CBRE et CBRE AXITE ont présenté leur analyse du marché des bureaux en Auvergne-Rhône-Alpes. Dans un contexte économique encore incertain et marqué par la transformation durable des modes de travail, le marché tertiaire régional entre dans une phase de recomposition profonde, avec une demande plus sélective, une offre en hausse et des utilisateurs concentrés sur la qualité, la performance énergétique et l’adaptation aux organisations hybrides.
Si la région montre une meilleure résistance que la moyenne nationale, le marché se polarise nettement entre les immeubles performants, qui concentrent la demande, et un parc existant vieillissant confronté à une vacance structurelle croissante. Les écarts territoriaux se renforcent également, avec des trajectoires très différentes entre Lyon et les marchés secondaires.
Cette article livre un décryptage des nouvelles dynamiques à l’œuvre, des moteurs de la demande, des évolutions de l’offre et des perspectives pour 2025.
Le marché des bureaux en Auvergne-Rhône-Alpes devrait terminer l’année autour de 320 000 m² placés, soit –12 % vs. 2024, prolongeant la tendance baissière observée depuis 2023. La région résiste toutefois mieux que la moyenne nationale (–19 %), dans un contexte marqué par un ralentissement économique et par la transformation durable des modes de travail Les entreprises arbitrent désormais leurs surfaces avec davantage de précision, en privilégiant les immeubles performants, adaptés aux nouvelles organisations hybrides. Ce mouvement pèse à la fois sur les volumes et sur la structure même du marché.
Le marché lyonnais reste pénalisé par trois évolutions structurelles mises en avant lors de la conférence :
L’hétérogénéité territoriale demeure forte :
Ces dynamiques confirment que la profondeur de marché et le profil des utilisateurs varient significativement d’une ville à l’autre.
L’offre immédiate atteint 900 000 m², en hausse de +6 %, et progresse continûment depuis trois ans.
Environ 20 % de ce stock — soit 184 000 m² — est vacant depuis plus de quatre ans. Il s’agit principalement d’actifs obsolètes, mal situés ou difficilement divisibles. Cette vacance durable accentue le décrochage qualitatif entre :
Malgré ce contexte, les valeurs locatives résistent. Le loyer prime régional se situe à 242 €/m²/an, et progresse dans la plupart des marchés. Lyon reste le moteur, avec un prime à 380 €/m²/an hors IGH, alimenté par la rareté des immeubles restructurés et livrés dans les secteurs les plus recherchés. Dans les marchés secondaires, les valeurs demeurent solides :
Cette dynamique illustre une sélection accrue des entreprises, qui se concentrent sur les actifs offrant localisation, performance énergétique, qualité d’usage et flexibilité.
Quatre enseignements majeurs se dégagent :
